Juliette Dekeyser

Blog

Grâce à un système de détection d’obstacles, l’ISEN rend les fauteuils roulants intelligents

L'ingénieur Xin Jin et la chercheuse Annemarie Kokosy présentent le prototype du fauteuil SYSIASS, dans le laboratoire de l'ISEN

L’ISEN, école d’ingénieurs lilloise, vient de mettre en place un prototype d’aide à la conduite des fauteuils roulants, appelé SYSIASS. Ce système de détection d’obstacles vise à rendre la circulation des fauteuils électriques plus sûre.

Dans le laboratoire de l’ISEN, l’ingénieur chinois Xin Jin et Annemarie Kokosy, responsable du service robotique de l’école d’ingénieurs, discutent dans un jargon scientifique incompréhensible. Heureusement, la chercheuse utilise des mots simples pour expliquer le projet SYSIASS. « Prenons l’exemple d’une voiture, propose-t-elle. Vous achetez une voiture basique à laquelle vous ajoutez des options. Eh bien, le module que nous mettons en place, c’est une option pour les fauteuils roulants électriques. » Un système unique qui vient compléter le déplacement de ces fauteuils roulants dirigés par un joystick.

Certaines maladies rendent, en effet, la conduite difficile. « Un moment de fatigue ou une crise d’épilepsie, et l’accident n’est pas loin », s’exclame Annemarie Kokosy. Les capteurs placés à l’avant et à l’arrière du fauteuil SYSSIAS viennent alors détecter les obstacles. Ils calculent leur distance et rectifient la trajectoire du fauteuil.

Depuis 2008, cette initiative lilloise a déjà convaincu une quarantaine de personnes, dont une vingtaine de chercheurs, des deux côtés de la mer du Nord. Désormais franco-britannique, ce projet est financé pour trois ans, jusqu’au 31 décembre 2013, à hauteur de 2,4 millions d’euros. Les fonds européens FEDER financent la moitié.

Un fauteuil perfectible

Après trois ans de recherches et l’accord de l’Agence française de sécurité sanitaire (AFSSAPS), le prototype est maintenant testé au niveau médical, à l’hôpital de Garches. Bruno Guillon, kinésithérapeute et responsable du service d’aide au choix des fauteuils roulants, conseille depuis vingt-deux ans les personnes invalides. « Ce projet, j’y crois, s’exclame-t-il. Cela faisait longtemps que nous attendions une telle technologie. » Un protocole strict permet de tester le prototype. « Nous avons recréé un environnement semblable à une maison, avec des obstacles en carton.

Les patients testent le fauteuil sans le module, puis avec. Nous regardons ensuite les résultats », explique Bruno Guillon. Les patients doivent tourner autour d’un plot, reculer en ligne droite ou encore se diriger dans un couloir d’un mètre de large. Mais le module n’est pas encore satisfaisant. « On pensait qu’il était au point mais en faisant les tests sur les patients, on s’est vite rendu compte qu’il était tellement sécuritaire qu’il ne passait pas les obstacles. Il stoppe net et refuse d’avancer ! », s’exclame Bruno Guillon. Retour donc à la « case ISEN » pour trouver la faille.

Pour le kinésithérapeute, ce module représente tout de même un espoir pour les patients. Il prend l’exemple de l’ascenseur. « Actuellement, les personnes handicapées entrent facilement dans un ascenseur, mais la difficulté est d’en sortir. La porte se situe dans leur dos et ils n’ont pas de rétroviseur. C’est pourquoi, les capteurs situés à l’arrière du fauteuil SYSSIAS facilitent la trajectoire arrière. » Un prototype qui devrait changer le quotidien des invalides s’il est commercialisé.

JULIETTE DEKEYSER

Article publié le 14 février dans la Voix du Nord, Edition Lille 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 15 février 2012 par dans Société, Voix du Nord.
%d blogueurs aiment cette page :